Stage escalade enfant autour de Guillestre au porte du Queyras

Stage escalade enfant Hautes-Alpes autour de Guillestre

Retour d’experience sur la première demi-journée d’escalade d’un stage d’escalade enfant/ado

Félix, Adèle, Kahina, Baptiste, Tino, Sophia et Merlin, avec leurs sacs vissés sur le dos, écoutent le briefing du moniteur d’escalade. Ils ont hâte de passer aux choses sérieuses et en même temps, avouons-le, ils ont un peu peur. L’ambiance est décontractée. Le soleil arrive doucement sur le parking, l’air de la montagne à cette heure matinale est fraîche. Il est 8 heures 30. Au dessus de leurs têtes, c’est le massif des Ecrins. En face c’est le parc régional du Queyras. Les gamins n’ont d’yeux que pour ces monticules de pierre, monstres géants prêts à être chevauchés ! L‘escalade, certains n’en ont encore jamais fait. Quand Antonin, le guide, sort les sept baudriers et le sien, les yeux s’écarquillent, l’excitation monte d’un cran. D’abord, trouver le bon sens, les sangles s’emmêlent, où met-on les pattes ? Sophia appelle à l’aide. D’une voix rassurante, il porte secours à la benjamine du groupe, 6 ans. Les baudriers sont tous mis. Il prend une minute pour chacun, accroupi devant leurs bouilles, pour serrer le harnais à la taille et au niveau des cuisses, en prenant soin de mettre les habits dessous. Vérification faite. Cheveux longs attachés. Casques parfaitement ajustés. C’est la sécurité avant tout.

Et c’est parti ! Le sentier parsemé de lavandes et de buis passe entre les blocs de calcaire. ça monte et ça descend pendant cinq petites minutes. Et dans un écrin de verdure, mélange paradoxal d’arbres résineux et de mousse, le « spot de grimpe » de Réotier, d’un secteur caché des touristes mais tout de même connu du topo et des initiés, se laisse découvrir. L’installation des cordes va prendre un peu de temps. Y a-t-il une maman ou un papa qui soient restés avec le groupe cette matinée ? Les parents ont préféré profiter de plus de trois heures de temps libre pour barboter au lac d’Eygliers avec le petit dernier. D’autres sont allées au marché de Guillestre du lundi matin. Bref pas d’adulte à l’horizon. Pas très grave. Pour le guide de haute montagne, la paroi qui s’offre du 4c au 6a max est un parcours facile, presque de la marche ! Chaussures d’approche aux pieds, il installe les cordes en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Quatre voies ont été installées qui pendent et n’attendent plus que leurs moussaillons pour hisser haut le pavillon de pirate ! A l’attaque !

Pas si vite ! On répartit les rôles. Qui grimpe en premier, qui assure ? Descendeurs en mains, nos apprentis grimpeurs apprennent les actions de bases. D’abord les  » 5 mouvements », suite précise de gestes que fait l’assureur. Puis le nœud de huit qui amarre notre grimpeur à son baudrier. On vérifie le nœud en bout de corde. On distribue les chaussons d’escalade, la plus petite taille en 28 ne convient pas à Sophia. La rouquine grimpera en baskets. Pour les quatre autres, le sac de chaussons a tenu ses promesses, chacun a trouvé chausson à son pied.

Stage escalade enfant autour de guillestre

On fait le double check, l’assureur vérifie le nœud de huit, le grimpeur vérifie le sens de la corde dans le descendeur, sous l’œil bien évidemment vigilant d’Antonin. « Grimper c’est facile ! Descendre, c’est autre chose ! ». Les anecdotes fusent. Adèle se souvient d’avoir crapahuté jusqu’aux branches hautes d’un pin et de n’avoir pas réussi à redescendre sans l’aide de quatre personnes ! « Et le chat de ma copine, coincé lui aussi! » « On n’appellera pas les pompiers cette fois ci » plaisante Antonin. Pour cela, le test de descente à trois mètres s’impose. Après quelques pas réussis en dalle, c’est Félix le premier qui passe haut la main l’examen de passage. La position de la grenouille est encore un peu fébrile pour Sophia ! Mais l’assurance va vite venir. Patience, on ne devient pas grimpeur en dix minutes !

La petite voie d’une longueur pour nos varappeurs en herbe ne se déroule pas sans émotions ! Cris de victoire après un mouvement difficile : petit « crux » dépassé comme on dit dans le jargon. Ici ! Là ! Là ! La prise dans le renfoncement ! La main à droite, plus à droite ! crie Kahina, bientôt 12 ans, à Adèle avec qui elle s’est faite tout de suite « super » copine. On ne trouve pas son chemin à la verticale comme on part à la chasse aux œufs. Ici, on ne doit rien au hasard. Il faut apprendre à « lire » la paroi. L’alphabet du rocher se conjugue avec le style de celui qui écrit son premier phrasé sur cette terre verticale. Il n’y parait pas comme ça, mais cela se sent tout de suite. Les mains et les pieds se posent et ils soignent une nouvelle expression qui mêle lecture du terrain et écriture avec les prises. Parce que l’escalade n’est pas une simple activité physique, c’est aussi un art. Et nos stagiaires sont en train de le découvrir avec un brin d’étonnement sous le regard passionné de leur maître Yoda ! Entre une partie de rigolade, une pause banane et un jeu, ils partent à la rencontre d’une discipline complète. Le corps en action, mais aussi la tête qui carbure avec le dépassement de soi, le lâcher prise, la confiance, la réflexion, l’endurance et l’entraide. Fatigués les loulous ? Non, jamais !

école d'escalade à Panacelle pendant un stage escalade enfant vers Vars

Alors c’est reparti ! Cette fois-ci, Antonin a caché des bonbons dans les prises. Il va falloir aller le chercher celui-là. C’est bien vrai, il y a des cueilleurs de Génépi qui sur les crêtes sont si obnubilés par leur convoitise qu’ils en tombent dans le vide ! Heureusement, ici, on peut se lâcher, personne ne nous laissera tomber. On est encordé, on a quelqu’un qui assure vraiment, et à la fin on dit toujours merci ! Focalisé sur les prises à venir – le bonbon et le bon « pied », la bonne « main » – Baptiste jubile en attrapant le carambar au fruit.

La demi journée s’achève sur des blagues, celles des carambars et d’autres. On refait toutes les premières fois de la journée en une fois, la liste est longue ! Les enfants sont fiers. Les parents aussi ? Se doutent-ils que nos petits pirates ont gravi des sommets de courage ce matin et que le pavillon de la joie a été planté dans leur cœur ? Vivement demain.

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